Monsieur le Gouverneur de la Région de Fatick,

Monsieur le Président du Conseil rural,

Madame la Directrice du BREDA représentant les partenaires techniques,

Mesdames, Messieurs, les représentants du Système des Nations Unies,

Mesdames, Messieurs, les membres du Conseil rural de Toubacouta,

Mesdames, Messieurs les acteurs de la culture, du tourisme, de l’environnement, de l’artisanat et de l’économie locale,

Mesdames, Messieurs, les directeurs, chefs de services et représentants des ministères techniques impliqués dans ce projet,

Populations du Ndiambato, du Saloum et de la Communauté rurale de Toubacouta,

Mesdames, Messieurs, chers amis,

Permettez-moi, avant tout, de vous transmettre les salutations appuyées de SE Macky Sall, Président de la République, de Monsieur Abdoul Mbaye, Premier Ministre et de l’ensemble du gouvernement de la République.

Son excellence le Président suit avec intérêt, l’expérience de territorialisation des politiques de développement dont le complexe de Toubacouta, que nous aurons l’occasion de découvrir dans ses différentes facettes est une expérimentation grandeur nature.

 

 Nous vous félicitons pour cet accueil exceptionnel qui traduit l’adhésion des populations du Ndiambato à l’inscription du Delta du Saloum sur la prestigieuse Liste du patrimoine mondial.

Le Complexe socioculturel de Toubacouta est votre bien commun C'est l'exemple de la Maison des arts et de la culture appelée dans la vision du Président Maky Sall a remplacer le Centre Culturel régional.

 

Cette infrastructure est fonctionnelle .On y retrouve une véritable didactique de la découverte qui met le visiteur en contact avec des valeurs naturelles et culturelles. Ces valeurs de l’environnement naturel et culturel de la région  permettent de faire usage des ressources disponibles sans les mettre en péril.

 

Dans cette quête du sens, le projet d’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO a été soutenu par les populations locales.

 

Ici, nous sommes tous devenus des enfants du Sine et du Saloum, cet insondable univers, que le Président poète, Léopold Sédar Senghor, a rapporté dans les métaphores de Son Royaume d’Enfance comme pour témoigner devant l’éternel ; je le cite  « J’ai vécu dans ce royaume, vu de mes yeux, de mes oreilles entendu les êtres fabuleux par delà les choses : les kouss dans les tamariniers, les crocodiles gardiens des fontaines, des lamantins qui chantaient dans la rivière, les morts du village et les ancêtres qui me parlaient, m’initiant aux vérités alternées de la nuit et du midi ». Fin de citation je ne commenterai pas ces paroles d’initié.

 

Au demeurant, le dossier d’inscription a montré que le paysage culturel légué par les bâtisseurs d’amas coquilliers dans le Delta du Saloum est un exemple parfait d’une intégration réussie à l’environnement de la mangrove, il y a de ça plusieurs millénaires. Installés dans un biotope aux ressources variées mais particulièrement vulnérables, les populations protohistoriques du Saloum ont réussi, malgré les changements globaux et les activités anthropiques qui ont détruit les réserves de mangroves sous des latitudes équivalentes, à transformer en avantage les énormes accumulations de coquillages issues des collectes millénaires effectuées dans le Delta.

 

La colonisation des amas par une végétation luxuriante de mangrove, de baobabs et de hautes herbes a permis la constitution, sur des plateformes totalement artificielles à l’origine, de biotopes originaux que la faune sauvage ne tarda pas à occuper. L’imbrication des amas coquilliers dans les îlots naturels du Delta est aujourd’hui si parfaite et harmonieuse que seul le regard excercé des experts et la sagacité des images satellitaires trahissent une fusion presque achevée.

 

Les amas coquilliers témoignent ainsi de cette perpétuelle présence de l’homme dans la triptyque mer/mangrove/terre. En effet, contrairement à ce qui se passe ailleurs, les pratiques séculaires de pêche et de ramassage des coquillages sont toujours vivantes dans le Delta, et l’homme continue de protéger les forêts de mangroves qui assurent l’équilibre du système. Je vous félicite pour cela car, ailleurs dans le monde la plupart des paysages comparables ont subi les ravages du développement et de l’exploitation intensive. La force de l’homme, plutôt de la femme, dans ce remarquable delta a été de comprendre la fragilité de l’écosystème de mangrove et de développer des pratiques raisonnées d’exploitation des ressources.

 

Cette culture de l’écologie, nous la devons incontestablement aux femmes qui sont les gardiennes de la mise en œuvre des bonnes pratiques dans la gestions d’un environnement aussi fragile que nécessaire car le Delta du Saloum n’échappe, malheureusement pas, aux menaces qui pèsent sur l’ensemble des zones humides d’Afrique de l’Ouest.

 

L’exploitation des ressources naturelles, jadis basée sur des principes soucieux de leur rationalisation et de leur pérennisation, a connu ces dernières années des mutations et le capital de ressources naturelles connaît une surexploitation sous l’action d’une importante croissance démographique et d’un contexte écologique et socio-économique parfois difficile.

 

Si l’authenticité du delta est encore largement préservée, la gestion de ce milieu, particulièrement sensible, pose des problèmes de mise en cohérence  pour faire face à deux catégories principales de pressions ; celles liées au développement et celles découlant de l’environnement. C’est pourquoi, les directions des Parcs Nationaux, du Patrimoine Culturel, du Tourisme, de l’Environnement, de la Pêche ont toutes des plans de conservation sectoriels en vu de renforcer les valeurs du Delta.

 

A ces plans de l’Etat s’ajoutent des projets multisectoriels de développement menés par des ONG, dont certains ont donné de très bons résultats. La gestion du site est donc l’affaire de nombreux acteurs, et le plan de gestion, préparé dans le cadre de la proposition d’inscription, a convié tous ces acteurs à l’élaboration d’un plan global pour les 5 prochaines années.

 

Dans cette grande complexité le projet MDG-F a apporté une cohérence, une vision et des aménagements infrastructurels qui devraient impulser un véritable pôle de développement à partir des ressources du patrimoine. Cette vision holistique du développement se fera à partir de Toubacouta où un pôle de développement a été conçu et réalisé. Il comprend, comme vous le savez, cinq modules dont l’intégration sera la clé de voûte du succès. Il s’agit d’un espace artisanal, d’un centre d’interprétation, d’une salle des fêtes, d’un centre MultiMedia communautaire et d’un bureau d’orientation touristique.  Parallèlement à ces réalisations le projet a réhabilité la Maison de la femme et la case des Tout-petits.

 

Toutes ces réalisations viendront en appui à des initiatives déjà en cours et dont la mise en cohérence est assurée par un plan de gestion réalisé de manière consensuelle. Ce dernier a fédéré toutes les parties prenantes, autour de la sauvegarde et la mise en valeur optimale des ressources naturelles et culturelles du site.

 

Cette vision qui, s’inscrit dans la dynamique d’un développement local durable du terroir a, fort heureusement, rencontré l’adhésion de nombreux programmes, ONG et organisations nationales présents dans le Delta. Parmi ces programmes il convient de singulariser le projet MDG-Fund « Culture et développement » piloté par le système des Nations Unies et qui s’inscrit parfaitement dans cette dynamique.

 

Financé à hauteur de  6.5 millions USD à travers la fenêtre thématique « Culture et Développement » sur les Fonds OMD mis en place par l’Espagne, ce projet est mis en œuvre dans le Pays Bassari (autour Salémata, Dendifélo et de Bandafassi) et le Delta Saloum (Toubacouta) pour une population cible de 300 000 habitants, le projet conjoint a impulsé une dynamique de développement durable basée sur les valeurs culturelles et le patrimoine naturel. Il assure déjà une Co-planification des activités inscrites dans les deux plans de gestion dont l’objectif ultime (l’inscription du Delta du Saloum et du Paysage culturel Bassari sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO) a déjà été atteint.

 

Par ailleurs ce projet a développé une méthodologie du faire faire au niveau local. De ce fait des collectivités locales, des organisations non gouvernementales, le secteur privé local les ONG et les principaux bénéficiaires et partenaires du  projet ont pu travailler en parfaite synergie.

 

Au terme de ce processus les résultats sont manifestes car les produits naturels et locaux sont mieux valorisés et rentabilisés ce qui a amélioré les conditions de vie des populations, contribué à l’élimination de l’extrême pauvreté et accéléré l’évolution des indicateurs des OMD (1, 3, 4 et 5) dans le Delta du Saloum.

 

Il nous faut à présent pérenniser ce joyau en mettant en place des structures opérationnelles efficaces. Le Comité de sauvegarde chargé de veiller sur la totalité du delta sera installé. Quant au Comité de gestion de cette infrastructure il a déjà fait l’objet de très nombreuses réflexions. Celles-ci seront traitées avec intérêt par les différents partenaires étatiques et non étatiques pour l’élaboration d’un instrument normatif approprié.

 

Cette inauguration n’est donc qu’un début et le travail ne fait que commencer.

 

Je vous invite, à présent, à visiter le Centre d’interprétation de Toubacouta, préfiguration des Maisons des Arts et de la Culture.

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